BOGOTA / premiers pas

Atterrissage à Bogota le dimanche 9 février dans l’après-midi. Ici l’air est frais : la capitale colombienne est située à 2640 m d’altitude. Le taxi s’engouffre dans cette ville dense, composée de 8 744 000 millions d’habitants. Le trafic est apaisé en ce jour de repos. Après 20 minutes de trajet, rencontre avec Estelle Van Wambeke qui m’accueille gentiment chez elle dans le quartier calme de la Macarena, situé à l’est de la ville, aux pieds de la Cordillère. Estelle vit et travaille à Bogota depuis 7 ans. Elle est professeure à l’Université Jorge Tadeo Lozano, où elle travaille avec ses étudiants en design sur des projets d’innovation sociale et leur pérennisation dans l’espace urbain.  C’est la Cité du design de Saint-Étienne qui nous a mis en lien avec Estelle puisque un projet de recherche partenarial sur ces mêmes questions de design d’innovation social et d’empathie est en train de se mettre en place.

Aterrizaje en Bogotá el domingo, 9 de febrero por la tarde. Aquí el aire es fresco: la capital colombiana está situada a 2640 m de altitud. El taxi se precipita en esta ciudad densa y compuesta de 8 744 000 millones de habitantes. El trafico esta calma en este día por descanso. Después de 20 minutos de trayecto, encuentro con Estelle Van Wambeke que me acoge amablemente en su casa en el barrio tranquilo de Macarena, situado al este de la ciudad, a los pies de la Cordillera. Estelle vive y trabaja en Bogotá desde hace 7 años. Es profesora en la Universidad Jorge Tadeo Lozano, donde trabaja con sus estudiantes en diseño en proyectos de innovación social y su perenisacion en el espacio urbano. Es la Cité du Design de Saint-Etienne que nos puso en lazo con Estelle porque un proyecto asociativo de investigación sobre estas mismas cuestiones de diseño social de innovación y de empatía está colocándose.

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Pour faire plus ample connaissance et commencer à appréhender cette ville immense, nous partons en balade en fin d’après-midi vers la Candeleria, quartier historique de la ville. Nous traversons d’abord la grande artère Carrera 7, bordée de commerces qui a été récemment fermée aux voitures pour être piétonnisée. Nous marchons. Les rues sont très animées par les vendeurs ambulants et leurs slogans aguicheurs, les passants en balade profitant de leur journée de repos, et aussi la pauvreté criante avec les nombreux « habitantes de la calle » (habitants de la rue) très présents dans l’espace public. Certains nous interpellent pour nous demander de l’argent. L’atmosphère est pesante avec la nuit tombante. Estelle arpente les rues avec assurance et sérénité. Elle m’explique qu’avec le temps elle a développé certains réflexes et une manière particulière d’être dans l’espace public : être attentif, aux aguets, accélérer à certains moments, ne pas toujours céder à la mandicité,…etc  Une drôle d’entrée en matière dans la ville qui revêt une toute autre ambiance en journée. Au moment du diner, nous retrouvons Laurence Galli coordinatrice culturelle de l’alliance française de Bogota et Thierry Fontaine photographe et artiste invité en résidence, dans le même cadre que notre complice Ismail Bahri.

Para conocer nos y empezar a aprehender esta ciudad inmensa, nos vamos a pasear al final de la tarde hacia la Candeleria, el barrio histórico de la ciudad. Atravesamos primero la Carrera 7, bordeada por comercios y que recientemente ha sido cerrada a los coches para dedicarse a los peatones y bicis. Continuamos. Las calles son muy animadas por los vendedores ambulantes y sus eslóganes incitadores, la gente de paseo que aprovecha su día de descanso, y también la pobreza « gritante » con los numerosos  » habitantes del calle  » muy presentes en el espacio público. Algunos nos interpelan para pedirnos dinero. La atmósfera es pesada con la noche caída. Estelle camina las calles con seguridad y serenidad. Me explica que con el tiempo desarrolló ciertos reflejos y una manera particular de estar en el espacio público: ser atento, acelerar a ciertos momentos,… Una introducción rara en la ciudad que parece tiene muy diferente ambiente por el día. En el momento de cenar, encontramos a Laurence Galli coordinador cultural de la alianza francesa de Bogotá y Thierry Fontaine fotógrafo y artista invitado en residencia, en el mismo ejecutivo que nuestro compadre Ismail Bahri

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Le lendemain, lundi 10 mars, je pars seule en immersion dans la ville. L’atmosphère est en effet bien différente ; les étudiants et travailleurs déambulent dans les rues, le flux important de taxis, motos, voitures et bus produisent un volume sonore intense : la semaine reprend son cours. Le sol de Bogota est souvent magnifique et traité avec soin, délicatement pavé de briques de diverses formes, couleurs et textures. Par endroit, comme des pièces de puzzle manquantes, les modules de briques et plaques métalliques disparaissent laissant des trous béants sur les voies et trottoirs. Estelle m’explique que la pauvreté extrême dans la ville génère une économie informelle liée notamment au recyclage des matériaux. Comme de nombreuses villes colombiennes, Bogota est devenue la terre d’accueil de milliers de personnes chassées des campagnes par les groupes armés et qui se réfugient massivement dans les quartiers dits « invasifs » ceinturant la ville. La pauvreté est donc dense et très visible au coeur de la capitale. Ces mécanismes d’exode politique obligent les personnes à reconstruire leur cadre de vie dans des conditions extrêmes, développant de nombreux moyens de subsistance, pour se loger, se nourrir, survivre. Les gens doivent notamment trouver des matériaux pour se construire un abris. Ainsi les matériaux qui composent l’espace public sont dérobés puis revendus dans des décharges informelles à l’extérieur de la ville. Ils serviront à la construction, à l’agrandissement ou à la consolidation de maisons dans les quartiers invasifs. Il existe un jeu de vases communicants entre l’espace public et l’espace privé des ces quartiers souvent non reconnus par la municipalité, malgré leur implantation, pour certains, il y a plus de 60 ans.

El día siguiente, el lunes 10 de marzo, me voy sola en inmersión en la ciudad. La atmósfera es muy diferente en efecto; los estudiantes y trabajadores deambulan en las calles, el flujo importante de taxis, motocicletas, coches y autobús producen un volumen intenso: la semana empeza de nuevo. El suelo de Bogotá es a menudo magnífico y tratado con cuidado, delicadamente solado por ladrillos de formas diversas, colores y texturas. A veces, como piezas faltantes de un puzzle, los módulos de ladrillos y placas metálicas desaparecen dejando vacios abiertos sobre las vías y las aceras. Estelle me explica que la pobreza extrema en la ciudad genera una economía informal vinculada particularmente al reciclaje de los materiales. Como numerosas ciudades colombianas, Bogotá se hizo la tierra de acogida de millares de personas echadas de los campos por los grupos armados y quienes se refugian masivamente en los barrios dichos « invasivos » que encieran la ciudad. La pobreza es muy densa y muy visible en el corazón de la capital. Estos mecanismos de éxodo político obligan a las personas a reconstruir su entorno de vida en condiciones extremas, desarrollando numerosos medios de subsistencia, para alojarse, alimentarse, sobrevivir. La gente debe particularmente encontrar materiales para construirse refugios. Así los materiales que componen el espacio público son robados luego revendidos en descargas informales por fuera de la ciudad. Servirán para la construcción, para la ampliación o para la consolidación de casas en los barrios invasivos. Existe un juego de vaso communicantes entre el espacio público y el espacio privado de estos barrios a menudo no reconocidos por la municipalidad, a pesar de su establecimiento, para algunos, hace más de 60 años.

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Tout est bon à prendre et optimisable. Ils récupèrent en effet le verre, le plastique, le métal… dans les poubelles domestiques souvent déposées à même le sol des trottoirs. En effet, le système municipal de tri des déchet est peu développé en Colombie et on ne trouve pas forcément de bacs collectifs. Ces « recycleurs des villes » participent de fait à une économie plus globale d’évacuation/tri des déchets et de cycle des matériaux, ce que l’actuel maire Gustavo Petro, un ancien guerilleros, cherche à faire valoir. Très impliqué dans le développement social de sa ville, et très pro-actif sur les questions de piétonnisation et d’apaisement des flux de centre-ville, ses actions sont fortement critiquées par l’opposition, et lui ont provoqué sa destitution temporaire de maire de la ville par le procureur général Alejandro Ordoñez notamment en raison du projet de gestion de collecte des ordures ménagères en décembre 2012.

Todo es bueno para tomar y optimisable. Recuperan el vidrio, el plástico, el metal, en los cubos de basura domésticos a menudo dejados en las aceras. En efecto, el sistema municipal de selección del residuo es poco desarrollado en Colombia y tampoco se encuentran muchas cubas colectivas. Estos « recycladores de ciudades  » participan de hecho a una economía más global de evacuación / selección de los residuos y del ciclo de los materiales, aquel que el alcalde Gustavo Petro actual, antiguo guerilleros, trata de valorizar. Muy implicado en el desarrollo social de su ciudad, y muy proactivo sobre las cuestiones de peatonisacion y de apaciguamiento de los flujos de centro ciudad, sus acciones son fuertemente criticadas por la oposición, y le provocaron su destitución temporal de alcalde de la ciudad por el fiscal del Tribunal Supremo Alejandro Ordoñez particularmente debido al proyecto de gestión de colecta de la basura doméstica en diciembre de 2012.

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Ces vols intempestifs de matériaux de rue posent néanmoins de vrais problèmes quand aux possibilités d’actions dans l’espace public. Avec ses étudiants Estelle a développé le projet « pintela como quiera » consistant à co-concevoir un espace avec les enfants d’un quartier de Bogota, situé en frontière de la ville. Une cabane constituée de matériaux recyclés, construite par et pour les enfants a vu le jour pour donner une place aux enfants dans l’espace public. En effet ici il y a tellement de problèmes sociaux qui se concentrent dans l’espace publics (présence de dealers, mendicité, violence,…) que ses questions d’insécurité privent les enfants d’espaces de jeux extérieurs. Ce phénomène a pour conséquence une internalisation des espaces ludiques et de sociabilité, dans des espaces comme les centres sociaux culturels ou les nombreuses bibliothèques de quartier. Mais la cabane a disparue peu de temps après, dérobée morceau par morceau par les « recycleurs de rue », trouvant dans les matériaux récupérés un moyen de subsistance. Sur ce type d’action collective mobilisant le quartier, se pose alors la question de la surveillance et de la bienveillance dans l’espace public. Comment fait-on pour qu’un tel objet puisse rester dans le temps ? faut-il privatiser l’espace ? payer un gardien? dresser un chien ? Autant de questions que se sont posées les étudiants et le groupe d’enfants membres du groupe de travail. Ils ont ensuite réfléchis à une deuxième étape du projet pour garder les traces de ce travail collaboratif dans l’espace public, une sorte de mémorial de la cabane disparue.

Estos robos intempestivos de materiales de calle plantean sin embargo verdaderos problemas cuando a las posibilidades de acciones en el espacio público. Con sus estudiantes Estelle desarrolló el proyecto  » pintala como quiera  » consistiendo en coconcebir un espacio con los niños de un barrio de Bogotá, situado en frontera de la ciudad. Una cabaña constituida por materiales reciclados, construida por y para los niños vio la luz para dar un sitio a los niños en el espacio público. En efecto aquí hay tantos problemas sociales que se concentran en el espacio públicos (presencia de camellos, mendicidad, violencia) que sus cuestiones de inseguridad privan a los niños de espacios de juegos exteriores. Este fenómeno tiene como consecuencia un internalisacion de los espacios lúdicos y de la sociabilidad, en espacios como los centros sociales culturales o las numerosas bibliotecas de barrio. Pero la cabaña desapareció poco tiempo después, robó pedazo por pedazo por los  » recicladores de calle », encontrando en los materiales recuperados un medio de subsitance. Sobre este tipo de acción colectiva que moviliza el barrio, se plantea entonces la cuestión de la vigilancia y de la benevolencia en el espacio público. ¿ Cómo hacemos para que tal objeto pueda quedarse en el tiempo? ¿ Hay que privatizar el espacio? ¿ Pagar a un guardián? ¿ Levantar un perro? Tanta cuestión como se puso el grupo de trabajo. Los estudiantes y el grupo de niños luego reflexionaron sobre la segunda etapa del proyecto para guardar los rastros de este trabajo colaborativo en el espacio público, un tipo de memorial de la cabaña desaparecida. 

Au fil des rues, je découvre les nombreux contrastes qui font le charme de cette ville : les hauts édifices de briques rouge, les fresques magnifiques, les bâtiments coloniaux, les équipements mouvements modernes et contemporains, les quartiers invasifs colorés qui soulignent la cordillère,… Je marche au ralenti, l’altitude se fait sentir. J’ai déjà lu dans mon guide que certains quartiers sont à éviter, notamment au sud. De nombreux policiers et militaires sont postés dans les rues. Certains m’indiquent que je dois faire demi-tour car la zone est trop dangereuse pour moi. Je reste alors « dans les rails ».

Poco a poco, descubro los numerosos contrastes que hacen el encanto de esta ciudad: los altos edificios de ladrillos rojo, los frescos magníficos, los edificios coloniales, los equipos del movimiento moderno y contemporáneo, los barrios invasivos coloreados que subrayan la cordillera…Camino a marcha lenta, la altitud se hace sentir. Ya leí en mi guía que tenia que evitar ciertos barrios, particularmente en el sur. Los numerosos policías y militares son enviados en las calles. Algunos me señalan que debo volverme porque la zona es demasiado peligrosa para mí. Me quedo entonces  » en los carriles « . 

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La cordillère à l’Est est un point de repère très important qui permet de s’orienter facilement. Les rues sont numérotées et dessinent une sorte de grille mathématique qui facilite la déambulation dans cette ville immense : les « calles » sont les rues Nord Sud dont le numéro décroit du nord au sud. Les « carreras » sont les rues – parallèles à la Cordillère – qui prennent place d’Est en Ouest et dont le numéro décroit vers la montagne.

La cordillera al este es un punto de referencia muy importante que permite orientarse fácilmente. Las calles son numeradas y dibujan un tipo de tabla matemática que facilita la deambularon en esta ciudad inmensa: Las calles del norte al sur tienen un número que crece desde el sur hacia el norte. Los carreras paralelas a la Cordillera, que toman sitio de este a oeste y cuyo número decrece hacia la montaña.

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Après cette exploration, je rejoins Estelle à l’Université qui me fait visiter les lieux et me présente ses collègues et sa dynamique équipe pédagogique, notamment Catarina qui est designer et qui a étudié quelques temps en france lors d’un échange à l’ENSCI. Nous visitons ensemble un lieu en dehors de l’Université, où elle cherche à développer une sorte fablab ouvert sur la ville, lieu laboratoire et d’expérimentation pour les étudiants. Avec Estelle nous avons réfléchis à une nouvelle rencontre à Bogota la semaine du 13 au 17 mars, pour échanger avec son groupe d’étudiants et rencontrer d’autres acteurs et activistes urbains importants de la ville, comme Arquitectura Expendida, 100 y 1 dia, casa taller, calao de cultivo. Nous remercions Estelle pour son accueil et sa générosité. un belle rencontre et de beaux projets en perspective. Suite donc des aventures Bogotiennes à partir du 13 mars!

Después de esta exploración, reúno a Estelle en la universidad que me hace visitar los lugares y me presenta a sus colegas y su dinámica equipa pedagógica. Por ejemplo Catarina que es diseñadora y que estudió algunos tiempos en Francia en el momento de un intercambio en el ENSCI. Visitamos juntos un lugar aparte de la universidad, que prueba desarrollar un tipo de fablab abierto sobre la ciudad, el lugar laboratorio y de experimentación para los estudiantes. Con Estelle reflexionamos sobre un nuevo encuentro en Bogotá la semana del 13 al 17 de marzo, para cambiar con su grupo de estudiantes y encontrar a otros actores y activistas urbanos importantes de la ciudad, como Arquitectura Expendida, 100 y 1 dia, casa taller, calao de cultivo. Agradecemos a Estelle por su acogida y su generosidad. Guapa encuentra y bellos proyectos en perspectiva. ¡ A continuación las aventuras a partir del 13 de marzo!

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